Défends-toi, Beauté violente !

 A 16 h – Rencontre de librairie Le nom de l’homme avec Jean-Paul Michel, Défends-toi, Beauté violente ! précédé de Le plus réel est ce hasard, et ce feu préfacé par Richard Blin [Poésie/Gallimard, 2019]

Pour le Printemps des poètes, la librairie Le Nom de l’homme s’efforce de faire entendre des voix singulières et contrastées.
Cette année, le thème du Printemps des poètes est La Beauté. Nous invitons un poète majeur, ami d’Yves Bonnefoy et de Pierre Bergounioux.

Jean-Paul Michel, né en 1948, poète et critique littéraire, commence vers 1976 (date où il fonde à Bordeaux les éditions William Blake & C°) à « dépecer » ses premiers écrits « rimbaldiens », qu’il retravaille grâce à la typographie.
Il entame alors une trajectoire poétique dont témoigne Le plus réel est ce hasard et ce feu (Flammarion, 1997), qui regroupe vingt années d’écriture.
La réédition en 2019 de Défends-toi, beauté violente (paru en 2001 dans la collection « Poésie », Flammarion) nous permet de redécouvrir des textes de 1985 à 2000, qui confirment l’importance de ce parcours poétique.

Le poète nous demande de :

                                       parier

sur des beautés

présentes

( Le plus réel est ce hasard et ce feu)

Nous lui demanderons de nous dire ce qu’est pour lui la Beauté, et l’urgence qu’il y a pour nous, si désorientés et maladroits en parole, à s’appuyer sur elle, l’immortelle.
Nous lui demanderons aussi de parler du poète marocain Mohamed Khaïr Eddine, qu’il a fait connaître en France.

J’ai vu une enfance violentée rêver devant un amandier en fleurs.
J’ai vu un homme emprisonné retrouver souffle à la lecture d’un poème.
J’ai vu le ciel déverser des tonnes d’azur sur nos morts.
J’ai vu la neige brûler moins que les larmes.
J’ai vu le soleil consoler un coquelicot, et réciproquement.
J’ai vu un arc-en-ciel en cavale sous l’orage.
J’ai vu un ange noir chanter sous les étoiles.
Et je n’ai trouvé qu’un mot pour dire cela qui transcende le chaos, l’éphémère et la joie mêlés de nos vies : LA BEAUTÉ.

J’entends Aragon, immortalisé par Ferré : Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses. J’entends Eluard : J’ai la beauté facile, et c’est heureux. J’entends Char bien sûr : Dans nos ténèbres, il n’y a pas une place pour la Beauté. Toute la place est pour la Beauté. Mais aussi ces innombrables voix de poètes qui ne cessent d’extraire la beauté ensauvagée du monde.

Et comme pour donner raison à ce thème du Printemps des Poètes, Enki Bilal accepte d’en signer l’affiche tandis qu’un faon traverse la tempête à l’instant sous mes yeux.

tél: +33 4 68 91 46 65
entrée gratuite