À Lagrasse comme dans de très nombreuses communes rurales, la Poste met à mal l’accès à ses services… 500 voix contre se sont élevées. Une deuxième fois.

La Vice Présidente d’Occitanie, Nadia Pellefigue est avertie via le compte Twitter de VivonsLagrasse.  Elle a bien pris connaissance de notre Tweet.  Il s’agit maintenant d’alerter La Présidente, Corale Delga et la presse. Ne lâchons rien.

La menace de fermeture des bureaux de poste ou de réduction des services postaux préoccupe autant les habitants que les élus dans les communes rurales. Notre bourg ne fait pas exception. Démonstration.

Chaude journée encore dans les Corbières. À Lagrasse, dans les ruelles, les échos des éclats de voix cognent contre les vieilles pierres. Et déchirent à peine la moiteur. Touristes, seconds résidents, badauds et curieux de passage, tout ce petit monde se mêle au local, et excite la vie de la commune. Ce sursaut de vie et de population remplit le village de bruits et de conversations, nourrit les échanges entre habitants, alimente, on l’espère, les caisses des commerçants. Car le village est avant tout un village d’art et d’artisanat.

Entre fermeture de demi-journées et réduction des temps d’ouverture, ça sent mauvais…

Non, non et non.

Devant le bureau de poste, Gaëtane, auto-entrepreneuse et gérante d’un site e-commerce, voit rouge… La poste ferme à 11h30 au lieu de 12h30. Or elle devait impérativement expédier deux colis ce jour pour contenter ses clientes exigeantes (c’est fou comme les clients virtuels sont toujours plus inquiets et exigeants qu’en boutique).

Réduction des services postaux Lagrasse Aude Occitanie

La poste a donc de nouveaux horaires. Soi-disant pour sauver le bureau. Entre fermeture de demi-journées et réduction des temps d’ouverture, ça sent mauvais… Faisant demi-tour, elle tombe sur un voisin, qui, malgré la sagesse de ses 80 ans, fulmine tout autant. Il venait poster une lettre. Sous cette chaleur, il lui en coûte. Et c’est la deuxième fois cette semaine qu’il trouve porte close.

Le bureau de poste, service de proximité, cordon vital de (re)vitalisation des bourgs, est en sursis.

C’est à ce moment que surgit Jean-Pierre Rommelaere, habitant de Lagrasse et membre de notre association, armé, celui-là, d’un papier et d’un crayon.

En 10 jours seulement, il rassemble les signatures de près de 50 commerçants et 450 usagers…

500 signatures contre la réduction des services postaux

Jean-Pierre a décidé qu’il ne fallait pas se laisser faire. Lagrasse doit se battre contre la réduction des heures de présence et d’ouverture du bureau de poste. Et son combat fait mouche. En 10 jours seulement, il rassemble les signatures de près de 50 commerçants et 450 usagers…

Pétition de Lagrasse contre la réduction des services postaux.

Coup de gueule bis repetitam

Ce n’est pas la première fois que les Lagrassiens se rebiffent devant ce travail de sappe et cette menace de réduction des services postaux. Pour ne pas dire de fermeture du bureau. En 2017, déjà, Jean-Pierre et Beverly avaient milité contre une première menace. Et récolté pas moins de 600 signatures.

L’action avait alors porté ses fruits : le Maire, René Ortega, avait pu préserver l’ouverture du bureau de poste tous les jours de la semaine.

Entre réduction des services postaux et mort lente du bureau

Mais la Poste n’en a pas moins continué son travail de sape. Les rendez-vous avec les conseillers financiers ont été supprimés. Les achats de timbres en grande quantité, suspendus. Les ouvertures à la journée, oubliées. Le tout sous prétexte d’adaptation aux usages et fréquentation. Ils ferment les après-midi puis brandissent des chutes de fréquentation pour aller plus loin dans la réduction des services postaux.

Courrier n’est pas colis postal

Mais la stratégie de la Poste ne tient pas, ne peut pas tenir. “C’est la chute du volume de courrier qui fait ça”, “le numérique a changé les habitudes”, “les gens ne postent plus”, ‘les fréquentations ont chuté au bureau de poste”.

Prenez le colis postal … Dans un village comme Lagrasse, village d’artisans et de métiers d’arts, le colis et autres services postaux restent capitaux pour leurs affaires. Et ils doivent pouvoir accéder à ces services alors qu’ils travaillent, en journée.

Chronique d’une disparition annoncée

Comme c’est souvent le cas, ce n’est donc pas la menace d’une disparition qui fait rugir Jean-Pierre et les 499 autres signataires de cette nouvelle pétition. C’est la réduction des services postaux dans leur ensemble : ce sont les restrictions d’accès, l’imposition de nouveaux horaires d’ouverture, réduits, et donc la réduction de l’accessibilité au service.

Or, comme on l’évoquait plus haut, le service postal est critique pour l’activité économique des commerces du village.

La stratégie du changement d’horaires

Il y a quelques mois, le maire d’un village dans le pays bigouden évoquait un sabordage organisé en référence aux fermetures et réaménagements des horaires des bureaux de poste. On provoque l’effondrement des bureaux de poste pour dégrader les statistiques de fréquentation et justifier leur fermeture, dénonçait-il. Lisez bien : ce n’est pas un villageois qui prétendait cela, mais le Maire du village, lui-même dédié au service public.